VIENS FAIRE MENTIR LE TEMPS

Publié le par christiane loubier

Depuis que l’ombre

Nous a dépouillés de nos lampes

Notre nuit toute belle

S’éclaire à la chandelle

 

Viens dans ma nuit

Faire mentir le vent

Viens faire rougir le printemps

Viens avec moi

Enceindre le temps

Comme la vie encercle la mort


 

Christiane Loubier

SOUS LE PONT COUVERT

Publié le par christiane loubier

Pont Perreault MCCCF JFR 2004

 

 

L’amour s’en va comme cette eau courante 
                L’amour s’en va
     Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente (....)

 Sous le pont Mirabeau coule la Seine

                                                Guillaume Apollinaire

 

Moi qui vais seulement
Me revoilà encore
Devant cette eau courante
Sous le pont couvert
Où coulent et s’écroulent
Nos amours des anciens jours

Ma plainte s’en va toute seule
L’eau n’est qu’un linceul
Et la vie est mon tombeau
Je ne veux pas mourir
Dans la nuit d’un étang 

Ne me cherchez plus
Au bord des flots gris
L’oiseau est au-dessus des eaux
Je bats dans l’ombre de son aile

Là me violente toute espérance

 

 

 

Pont couvert Perrault, Notre-Dame-des-Pins, Beauce, Québec
Source : www.cbcq.gouv.qc.ca, Commission des biens culturels, Québec 

Christiane Loubier

Poème publié dans Bordures du champ secret

CANTIQUE DE LA PETITE

Publié le par christiane loubier

Dans le pré

Petite fille inachevée

Jouant au bord du temps

Avec les levants - les couchants

Avec la rosée amie

Des bleus d’enfants

 

Femme des heures claires

Cueillant lucioles

Et lumières secrètes

Ne voulant pas croire aux oiseaux

Qui mangent le pain du chemin

 

Toujours voulu

Suivre les bêtes qui vont boire

Toujours voulu

Voir le bleu

Sous les ailes des tourterelles

 

Amours tues

Clairières entrevues

Eden jamais vu

 

 

Christiane Loubier

Poème publié dans Bordures du champ secret

IDOLES

Publié le par christiane loubier

 Marguerite Yourcenar

.....

Je te verrai, pensif,
Sur le dernier récif,
Doux naufrageur des choses;
Sombre dieu sans dévots,
Quelque nuit tes pavots
Me guériront des roses.


  Source : elpais.com

Marguerite Yourcenar,
Les Charités d'Alcippe, Idoles (extrait)

EN ÉTÉ

Publié le par christiane loubier

Aussi loin les souvenirs
Aussi loin l’ombre qui brûle
Cette lumière trahie
Ce corps consumé


Qui naît au cœur de l’été
Espère voir la mer flambante
Entre l’arbre et l’oiseau

 

 

Christiane Loubier

FEU TON SILENCE

Publié le par christiane loubier

 

Une lettre improbable
Le silence tombe en moi
Comme la pierre d'un noyé

Pour ne pas t’écrire l’absence
J’ai laissé passer novembre
Puis décembre
J’ai vu les chatons gris
Le chemin dans l’arbre
Pour les fourmis

J’ai gardé ma main dans la nuit

Neiges après neiges
Avec écorce et alphabet
J’ai fabriqué des volets
Pour ouvrir – Pour fermer
Cœur et paupières

Aujourd’hui dans l’amélanchier blanc
Palpite l’oiseau du vent
Ton silence j’y mets le feu
Je t’écris de mai
Dans le bruit des fleurs
Je t’écris de mai
Sur du papier glacé

 

Christiane Loubier
Poème publié dans Bordures du champ secret

 

JE VOUS VOIS ENCORE...

Publié le par christiane loubier

 

Je vous vois encore ! En robe d’été
Blanche et jaune avec des fleurs de rideaux.
Mais vous n’aviez plus l’humide gaîté
Du plus délirant de tous nos tantôts.


La petite épouse et la fille aînée
Était reparue avec la toilette
Et c’était déjà notre destinée
Qui me regardait sous votre voilette.


Soyez pardonnée ! Et c’est pour cela
Que je garde, hélas ! avec quelque orgueil,
En mon souvenir, qui vous cajola,
L’éclair de côté que coulait votre œil.   

 

 

Paul Verlaine

Romances sans paroles
Birds in the night (extrait)

 



AU CHEVET D'UN CIEL

Publié le par christiane loubier

 

Aimer a si peu à voir

Avec l’arrogance des corps

Lorsque le désir se couche

 

Et que l’amour veille

Au chevet d’un ciel

Qui accouche de la nuit

 

 

 

Christiane Loubier

 

 

JE PENSE AU FLEUVE

Publié le par christiane loubier

 

Je pense au fleuve
Profond de tant d'années


Peu de terre
Beaucoup d'eau
Tombée en naufrages
En torrents -- En débacles


Aussi lourde que soit
La clameur du vent
Elle affleure sur les flots
Le fleuve s'habitue


Où je serai
Sera l'entêtement des eaux


Le chant du refus

 

 

Christiane Loubier
Poème publié dans Bordures du champ secret

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