16 articles avec chansons - comptines...

NOËL (MADAME À MINUIT)

Publié le par christiane loubier


Madame à minuit, croyez vous qu’on veille ?
Madame à minuit, croyez -vous qu’on rit ?
Le vent de l’hiver me corne aux oreilles,
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.

Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon coeur bien mieux que le houx.
Piquera mon coeur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté,
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le coeur.
Et ton souvenir m’arrache le coeur.

Madame à minuit, croyez-vous qu’on veille ?
Madame à minuit, croyez-vous qu’on rit ?
Le vent de l’hiver me corne aux oreilles,
Terre de Noël, si blanche et pareille,
Si pauvre, si vieille, et si dure aussi.
 
Poème de Luc Bérimont
Musique de Léo Ferré
 
Interprète Jacques Bertin
 
 

 

L'ÉCHARPE

Publié le par christiane loubier

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce souvenir de soie
Qui se souvient de nous
Ce n'est pas qu'il fasse froid
Le fond de l'air est doux
C'est qu'encore une fois
J'ai voulu comme un fou
Me souvenir de toi
De tes doigts sur mon cou
Me souvenir de nous
Quand on se disait vous

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce sourire de soie
Qui sourit comme nous
Sourions autrefois
Quand on se disait vous
En regardant le soir
Tomber sur nos genoux
C'est encore une fois
J'ai voulu revoir
Comment tombe le soir
Quand on s'aime à genoux

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce soupir de soie
Qui soupire après nous
C'n'est pas pour que tu voies
Comme je m'ennuie sans toi
C'est qu'il y a toujours
L'empreinte sur mon cou
L'empreinte de tes doigts
De tes doigts qui se nouent
L'empreinte de ce jour
Où les doigts se dénouent

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Cette écharpe de soie
Que tu portais chez nous
Ce n'est pas qu'il fasse froid
Le fond de l'air est doux
Ce n'est pas qu'il fasse froid
Le fond de l'air est doux.
 
 

Maurice Fanon (paroles et musique)

 

Chanté ici par Félix Leclerc

 

 
 
 

PASSER L'HIVER

Publié le par christiane loubier

J'aurai encore laissé passer l'hiver
Sans refaire la charpente mangée aux vers
Et ni enfin écrire cette lettre
Sur l'amour, sur le vide rongeant l'être

J'aurai aimé mal, très, toutes mes femmes
Mal entretenu tous mes feux et flammes
Je n'aurai pas vu le mot sous la porte
Mais j'aurai hurlé dans des sonos mortes

J'aurai mal parlé pour mes espérances
Dépensé tout le bien de mes parents
Dans toutes les danses perdu mon pas
Fait le coup de poing où il fallait pas

J'aurai convoqué les mots et les dieux
Sans retenir l'eau crevant le barrage
Ni les poissons d'or sautant dans tes yeux
Ni la silhouette avec son bagage

J'aurai attendu longtemps l'aube et l'homme
Puis je me serai endormi trop tôt
Quand j'étais peut-être l'aube et cet homme
J'ai froid dans mon manteau

La nuit se dévide et le soleil fond
Et j'aurai laissé courir sur son aire
Le beau bateau. Il est échoué sur les hauts-fonds
De tes yeux, ton silence, ton désert !

J'aurai laissé mon fils comme un voleur
Fuir par la porte étroite sous mon coeur
S'en alla chercher une balle au front
Mon petit combattant, ma ressemblance...

J'aurai toujours pris la vie de très haut
Et sans avoir pas trahi père et mère
J'aurai laissé par le carreau cassé entrer l'hiver
J'aurai laissé mourir de froid tous mes oiseaux
 
 
Jacques Bertin
 
Plain-chant pleine page, Poèmes et chansons 1968-1992
Poème mis en musique et chanté par l'auteur
 
 

 

CAFÉ RENARD

Publié le par christiane loubier

Le grand comptoir de marbre

Des verres plein le dos

Craque comme un vieil arbre

Quand on s'y appuie trop

Au plafond de vieux lustres

Ont des lueurs fanées

Lentement les minutes

Passent dans la fumée

 

Au bar-tabac

De la rue Renard

Tombe le soir

Et tu n'est pas là

Au bar-tabac

De la rue Renard

Tombe le soir

Et tu n'es pas là

 

Il est cinq heures trente

Il est encore trop tôt

Mais j'aime mieux le chaud

Lentement je pénètre

Dans le Café Renard

Et je me sens renaître

Donnez-moi donc à boire

 

Au bar-tabac

De la rue Renard

Il se fait tard

Et tu ne viens pas

Au bar-tabac

De la rue Renard

Il se fait tard

Et tu ne viens pas

 

Là-bas derrière la vitre

Un tout petit monsieur

S'amuse à faire le pitre

En roulant de gros yeux

Devant moi une femme

Belle comme un camé

Revit de sombres drames

Et n'ose pas pleurer

 

Au bar-tabac

De la rue Renard

Il est trop tard

Et tu ne viens pas

Au bar-tabac

De la rue Renard

Il est trop tard

Je rentre chez moi

 

Paroles : Françoise Mallet-Joris et Michel Grisolia

Chant et musique :  Marie-Paule Belle

 


 

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