UNE POULE SUR UN MUR...

Publié le par christiane loubier

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Une poule sur un mur

Qui picotait du pain dur,

Picoti, picota,

Lève la queue et saute en bas.

Une poule sur un mur, comptine illustrée par Nicole Boyaval,

6 ans, à Méricourt, France

Dessin de la quatrième de couverture.

 

Les comptines de langue française, recueillies et commentées

par Jean Baucomont, Frank Guibat, Tante Lucille, Roger Pinon

et Philippe Soupault, Paris, Éditions Seghers.

 

CORNEILLE MA COLOMBE

Publié le par christiane loubier

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Corneille ma colombe en deuil

Corneille tu m'enivres

 

Corneille le printemps

Corneille ton vieux chant

De clôture en clôture

Chasse le mauvais temps

De nos hivers

De la froidure

De tout ce qu'on endure

Quand la vie nous est dure

Et que trame le temps...


Corneille ma colombe

Quand reviendra l'automne

 

Dans quel pays lointain

T'en iras-tu dormir

Emportant avec toi

Nos rêves et nos rires

Si tu ne peux

Nous revenir

Envoie ta descendance

Rejoindre nos enfants

Pour entrer dans la danse

De l’éternel printemps.


 

Sculpture de Léonard Croteau

Georges Dor, La corneille, paroles et musique, 1966 (extraits)

QUE C'EST DIFFICILE À FAIRE SANS ROUGE...

Publié le par christiane loubier

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Que c'est difficile à faire sans rouge ni

Bleu ni aucune couleur, avec seulement

Les mots qui n’ont aucune réalité que le souffle

Et que pas tout le monde en tel temps et en tel

Espace est censé accueillir selon leur sens :

Aussi qui propose un nouvel état des lieux

Par le truchement du prisme et de l’arc-en-ciel

Quoique muet a la part belle : il peut se faire

Entendre par tous ceux qui ont part au soleil

Et voient dans la lumière un jour engendrer l’autre ;

Et vient s’épanouir près de l’iris l’arum

Et d’autres fleurs aux tons violents qui résonnent

Contre le vert végétal ; et là déplié, un linge

Sur l’allusion faite au désir suspendu.

Robert MarteauLe Temps ordinaire

L'OISEAU DE NUIT

Publié le par christiane loubier

L’oiseau de nuit

Témoin que tout ciel s’éclipse


Un jour la pluie

Un jour le vent

Un jour la fleur abolie


Aujourd’hui

Vous dites qu’il fait beau

Le soleil cogne à ma vitre


En vérité

Je ne voulais pas être une ombre

Dans la lumière raturée de l’hiver


Christiane Loubier

À L'AIDE DE LA PLUME...

Publié le par christiane loubier

Baron Supervielle

À l'aide de la plume

du crayon et des ratures

qui éraflent les copies

grâce à l'encre trempée

d'océan et de distance

avec les feux oubliés

dans la mémoire secrète

et le souffle qui ramène

mon regard et mes pas

dans la poudre disparus

je soulève une trace

effacée vivante.

          
Sylvia Baron Supervielle, Après le pas
 

ON M'A DIT QUE...

Publié le par christiane loubier

On m'a dit

Que les violettes de l'oubli

Sont la seule compagnie des morts

Y a-t-il un printemps?

Moi je sais que la nuit

Vient d'abord

De quoi aurais-je peur

Depuis longtemps

L'ombre est ma demeure


Anne Perrier, Le temps est mort (1961-1967)

AUTOUR DU TEMPS

Publié le par christiane loubier

Hier la beauté patiente

Qui porte aussi

La crinière de l’ombre


Troupeaux

Laissez-moi passer

Dépêchez-vous

Rendez-moi mes mains

Je cherche le vent dans les blés


Redonnez-moi mes matins

Dépêchez-vous

Autour du temps

Une chevelure immonde

Comme du foin

Trop de foin

Autour du monde


Christiane Loubier

L'ARDOISE

Publié le par christiane loubier

La nuit n’est que la couture

Insupportable de l’ombre

Les amours les miroirs

Effacés élégamment à l'encre noire

 

Christiane Loubier

JE VEUX D'AUTRES OMBRES D'OR...

Publié le par christiane loubier

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Quiero otras sombras de oro,
otras palmeras
con otros vuelos de aves extranjeras,
quiero calles distintas, en la nieve,
un barro diferente cuando llueve,
quiero el férvido olor de otras maderas,

quiero el fuego con llamas forasteras,
otras canciones, otras asperezas,

que no haya conocido mis tristezas.

 

 

 

Je veux d'autres ombres d'or,

d'autres palmiers, d'autres vols d'oiseaux étrangers,

je veux des rues distinctes, dans la neige,

une boue différente lorsqu'il pleut;

je veux l'ardente odeur d'autres bois;

je veux un feu aux flammes singulières,

d'autres chansons, d'autres aspérités,

qui ne sauraient rien de mes tristesses.

 


 

 

Sylvina Ocampo, Poemas de amor desesperado

Traduction : Silvia Baron Supervielle

JE ME DISAIS AUSSI

Publié le par christiane loubier

 

goffette 

I

 

Je me disais aussi : vivre est autre chose

que cet oubli du temps qui passe et des ravages

de l’amour, et de l’usure – ce que nous faisons

du matin à la nuit : fendre la mer,

 

fendre le ciel, la terre, tout à tour oiseau,

poisson, taupe, enfin : jouant à brasser l’air,

l’eau, les fruits, la poussière ; agissant comme,

brûlant pour, marchant vers, récoltant

 

quoi ? le ver dans la pomme, le vent dans les blés

puisque tout retombe toujours, puisque tout

recommence et rien n’est jamais pareil

à ce qui fut, ni pire ni meilleur,

 

qui ne cesse de répéter : vivre est autre chose.

 

 

 Guy Gofette, Un peu d'or dans la boue, La vie promise

 

 

 

 


 

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