9 articles avec musique et chansons

JEAN VASCA N'EST PLUS

Publié le par christiane loubier

Un texte de Didier Pobel :

Encore une nouvelle attristante. La mort de Jean Vasca, l'autre nuit - la dernière de l'automne -, chez lui, à Rivières, dans le Gard. Il n'avait que 76 ans (vingt de moins que Michèle Morgan, décédée la veille, disparition qui a eu évidemment davantage de retentissement que celle-ci). Vasca, c'était pourtant une voix chaude, des textes superbes et d'envoûtantes mélodies. C'est à la fin des années 60 que commença à circuler son nom dans le milieu - moins restreint à l'époque qu'aujourd'hui -  de la chanson poétique, ou de la poésie chantée, comme on voudra. Vasca clamait la révolte et l'amour, magnifiait l'embellie et l'orage, mariait "L'écarlate et l'outremer" (1), dénonçait les menaces "modernes" en embuscade. Tout au long des décennies qui suivirent, pas toujours propices à un art de moins en moins artisanal, celui qui n'avouait d'autre objectif que de "vivre en flèche"  connut lumière et purgatoire. Un long purgatoire plutôt bien fréquenté, du reste.
Qu'on en juge. Il y avait là Gilles Elbaz, Jean-Max Brua, Jean-Luc Juvin et Jacques Bertin. Vieux frère en fidélité - et dernier à poursuivre désormais sa route -, Bertin n'oublia jamais ce temps de vaches maigres et de bœufs en MJC, ces soirées de copains d'estrade et de cœur. "Adieu amis de ma jeunesse!" scandait-il, il y a quelques années, dans une de ces vibrantes évocations qu'il sait si bien partager. Amis? On ne dira jamais à quel point ce mot dépassait pour les "cinq bons escholiers"  le simple terme familier. En douterait-on qu'il faudrait - qu'il faut - réécouter ce qui reste sans doute comme la plus fédératrice chanson de Jean Vasca, reprise d'ailleurs par Bertin, tout comme par Ogeret : "Amis soyez toujours...". Une œuvre chorale, comme on ne disait pas encore. "Ne verrouillez jamais la vie à double tour"  y exhortait notamment celui que Jean Ferrat, son voisin ardéchois, saluait très justement comme un navigateur : "Vasca de Gama caravelle à l'assaut des soleils levants!".
Bon vent, Vasca, bon vent!  D.P.

 

Source : http://dpobel.over-blog.com/2016/12/bon-vent-vasca-de-gama.html

 

L'ÉTOILE DU NORD

Publié le par christiane loubier

 
 
L'Étoile du Nord
Texte du poète Gilbert Langevin (27 avril 1938 - 18 octobre 1995)
Musique : Claude Gauthier
Interprète : Paule-Andrée Cassidy

UN JOUR, JE M'EN IRAI

Publié le par christiane loubier

Un jour, je m'en irai sur un bateau tout blanc
Aux îles sous le vent, au pays des enfants
Ah oui je m'en irai, m'en irai pour la vie
Pour les jours et les soirs, les matins et les nuits

Je quitterai Paris, je quitterai la Seine
Notre Dame les quais, ma jeunesse et la tienne
Je n'irai plus jamais acheter de château,
En Espagne ou ailleurs ni faire le zigoto
 
Ni traîner ma mollesse de vieux cargo usé
Au long des noirs canaux de Paris enfiévré
Ni ne finirai plus à minuit Place Blanche
Ah je voudrais goûter à mes anciens dimanches
 
Je quitterai Paris sans même une valise
Pour larguer mon passé et toutes mes sottises
Je quitterai les fleurs du jardin de ton corps
Et ta bouche anonyme et ton cœur qui m'endort
 
Je traînerai ma vie au long des continents
Au long des rêveries, au long des océans
Et peut être au fin fond d'une mer verticale
Entre cieux et nuages et va viendra le calme
 
Un jour je m'en irai sur un bateau tout blanc
Aux îles sous le vent au pays des enfants
Ah oui je m'en irai, m'en irai pour la vie
Pour les jours et les soirs, les matins et les nuits

Un jour je m'en irai sur un bateau tout blanc
Aux îles sous le vent  au loin, loin oui mais quand
Ah oui je m'enfuirai, m'enfuirai pour la vie
Pour les jours, pour les nuits, pour la mort sans soucis
 
 
 
 
Enregistré par Mouloudji en 1973
Musique de Jean Musy
Paroles de Mouloudji
(Sur Internet, le texte est parfois attribué à tort à Jacques Prévert).

IL PLEUT SUR LA MER

Publié le par christiane loubier

Il pleut sur la mer, et ça sert à rien
Qu'à noyer debout le gardien du phare
Le phare, y a beau temps qu'il a plus d'gardien
Tout est électrique, il peut bien pleuvoir
Aujourd'hui dimanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer, c'est bien inutile
Ca mouille la pluie, c'est du temps perdu
Les mouettes s'ennuient, blotties sous les tuiles
Il tombe des cordes et l'eau s'est pendue
Aux plus hautes branches
De la Manche

Il pleut sur la mer et ça sert à rien
A rien et à rien, mais quoi sert à quoi ?
Les cieux, c'est leur droit d'avoir du chagrin
Des nuages indiens vident leur carquois
C'est l'été comanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer, et c'est imbécile
A croire que la mer se pisse dessus
Saborde ses ports, ses cargos, ses îles
T'as l'air d'un moineau sur mon pardessus
D'une corneille blanche
Sur ma Manche

Il pleut sur la mer et ça nous ressemble
De l'eau dans de l'eau, c'est nous tout crachés
Et nos yeux fondus au fond de septembre
Regardent rouler des larmes gâchées
Curieuse avalanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer, c'est con comme la pluie
Peut-être c'est nous qui sommes à l'envers
L'amour a des noeuds plein sa mise en plis
Ca nous fait marrer, il pleut sur la mer
Aujourd'hui dimanche
Sur la Manche...
 
 
Allain Leprest