28 articles avec carnet de l'ombre

DANS UN LIT

Publié le par christiane loubier

Elle est née d’une lumière orpheline
Son cœur a pris froid
Dans la poussière des jours
 
Chaque heure accroît d’un ton son silence
Ses bras se ferment dans la fatigue de juin
Sur un printemps comme tant d’autres
 
 
 
Christiane Loubier

CHAMBRE VERTE LA NUIT

Publié le par christiane loubier

Nous nous sommes aimés
Sans vergers et sans astres
Nous sommes de la même ombre
Dans les fougères du vent
 
Nous durerons encore
Accrochés à la racine des pierres
Dans la falaise du temps
 
Nous durerons encore
Ainsi séparés dans la même nuit
 
 
 
Christiane Loubier

LES CORDES DE L'OMBRE

Publié le par christiane loubier

Il existe d’autres chemins
Que celui de la nuit
 
Du bout des lèvres
Tu les boudes les ombres
Au fil de l’épée du jour
Le vent tournera c’est certain
Le ciel sera de soie pourpre
Aussi doux que celui du mois d’août
 
 
 
Christiane Loubier

LA CORDE

Publié le par christiane loubier

Une nuit 
J’ai ouvert la grille
Sur le jardin des ombres 
 
Traces de traîneaux perdus
Pattes d’oiseaux sur la neige
Pistes de loups éperdus

Refus de ces chemins tracés
Non je ne franchirai pas
La distance de la douleur à l’amour
Même si j’entends défleurir les fleurs
Avec leur fil de sang au cœur

Mon ciel suspendu
La corde au-dessus du silence
Que je tresse sans fin 
Pour ne pas tomber


 
 
Christiane Loubier

LEÇON DE TÉNÈBRES III

Publié le par christiane loubier

Le temps s’écoule par la plaie
D’un ciel blessé jusqu’au sang
La nuit se couche sur une croix

Père éternel
Le jour se clôt sur moi
Et répand sa cendre sur mes yeux
Tu m’as rejeté dans la tombe des mortels
Pourtant mon agonie est tienne
Et toute la douleur humaine

                      ❖
 
Ô fils couronné de tourments
Tu es le Calvaire
La croix et le sépulcre

C’est la mort qui meurt
D’une blessure nouvelle
Qui dissipera les aveugles ténèbres
T’élevant dans la plus haute lumière
Qui surgira de la pierre du caveau
 
 
 
Christiane Loubier
 
Liens pour lire les leçons I et II :
 

TESTAMENT

Publié le par christiane loubier

Lorsque mes yeux cesseront de guetter
La première hirondelle
Qu’ils seront impuissants à reconnaître
Le printemps fidèle

Lorsque mes mains ne pourront plus toucher le vent
Et que je perdrai de vue le fleuve
Laissez-moi quitter mes eaux
Avant qu’il ne pleuve
Sur mon lit de roseaux

Si je deviens trop frêle 
Pour mordre dans votre chair
Trop pâle pour rougir
Encore de vos mots d’amour

Relisez-moi vos serments des anciens jours
Et lorsque je serai éteinte 
Remettez-moi dans mes plumes
Que je puisse pleurer les ombres

Quand je serai enfin morte
Laissez-moi enterrée en moi-même
Nourrissez mes oiseaux tendrement
Et jugez-moi mêmement

 
 
 
Christiane Loubier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

Page de manuscrit provenant du Vienna dioscorides

 

 

MARS

Publié le par christiane loubier


Il fait moins froid qu’hier
Une lumière tiède s’étend
Sur un peu d’herbe
Un merle sur le chemin détrempé
L’eau qui s’étale
La rigueur du temps cède goutte à goutte

Sous le vent
Vers le Nord
La migration tranquille des ombres
 
 
 
Christiane Loubier

 

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