11 articles avec carnet du fleuve

CE BRAS DÉRIVANT

Publié le par christiane loubier

Sous un ciel très haut
Je suis une presqu’île
J’ai un bras vers toi

L’espérance mène à la mer
Tu es toute l’eau de la vague
Qui croit monter
 
 
 
Christiane Loubier

LA DÉBÂCLE

Publié le par christiane loubier

 
Dans ce pays froid
On vit avec le fleuve
Lacs et rivières
Charriant la peine
Avec la lumière
Faisant brûler l'automne
Avant la glace
Et chavirer l'hiver
À chaque printemps
 
C'est le plus que nous pouvons supporter
 

 

 
Christiane Loubier

 

 

 

La rivière Chaudière, hier, Sainte-Marie (Beauce)

 
 

 

LE BONHEUR DES ÉPAVES

Publié le par christiane loubier

La peur mouillée a éteint la bougie

Nos deux corps à pic ont coulé

 

Deux épaves de cire

Ondoyant à flot sur le désir

 

Dédaignant le brasier

Qui consume trop tôt l'horizon

 

 

 

Christiane Loubier

LES NOYÉS

Publié le par christiane loubier

Ennuyés par la tristesse des épaves

Peut-être que les noyés remontent le courant

Pour venir pousser les vivants

Au sec sur des îles

 

Peut-être que l’océan

N’est que du temps liquide

Les vivants

De l’eau prisonnière dans des villes

 

 

 

Christiane Loubier

 

DON D'UNE ÎLE

Publié le par christiane loubier

 

Pourquoi une île
L’exil d’un amour
Solitude en archipel

Le cœur au sec
Le désir encerclé
D’eau et de silence

Don d'une île
Terre de naufrage
Tout autour
L'inutilité du drame

Une île
Blesssure sur la mer
Dont je voudrais fleurir

 

 

Christiane Loubier
Poème publié dans Bordures du champ secret

 

LE COEUR VOILIER

Publié le par christiane loubier

Le cœur qui se lève

Dans la présence dure

D’un corps divisé


Comme un rocher

Au milieu du fleuve

Traversé par la clarté double

De la vague qui se cherche

Sur la rive déchirée

Dans son sable essentiel

 

 

Christiane Loubier

SOUS LE PONT COUVERT

Publié le par christiane loubier

Pont Perreault MCCCF JFR 2004

 

 

L’amour s’en va comme cette eau courante 
                L’amour s’en va
     Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente (....)

 Sous le pont Mirabeau coule la Seine

                                                Guillaume Apollinaire

 

Moi qui vais seulement
Me revoilà encore
Devant cette eau courante
Sous le pont couvert
Où coulent et s’écroulent
Nos amours des anciens jours

Ma plainte s’en va toute seule
L’eau n’est qu’un linceul
Et la vie est mon tombeau
Je ne veux pas mourir
Dans la nuit d’un étang 

Ne me cherchez plus
Au bord des flots gris
L’oiseau est au-dessus des eaux
Je bats dans l’ombre de son aile

Là me violente toute espérance

 

 

 

Pont couvert Perrault, Notre-Dame-des-Pins, Beauce, Québec
Source : www.cbcq.gouv.qc.ca, Commission des biens culturels, Québec 

Christiane Loubier

Poème publié dans Bordures du champ secret

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