COMME DES FRAMBOISIERS...

Publié le par christiane loubier

Ses mains sèches

Comme des framboisiers

À cause de la vie

Ses mains qu’elles gantent souvent

Ne sont pas pour l’écriture au crayon noir

 

Dehors il y a l’automne

Ses rêves  ne roulent pas

Dans les rues encombrées

Avec les personnes

 

Dehors il y a le vent

Ses désirs acajou

Ne s’envolent pas avec les feuilles

Mais s’endorment sous son tablier

Avec leur part de nuit

Dans la maison fidèle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christiane Loubier Dernières framboises de l'automne

MOURIR NE HEURTE PAS VRAIMENT...

Publié le par christiane loubier

 Emily

 

 

 

 

Mourir ne heurte pas vraiment

C’est vivre qui heurte, et de plein fouet;

Mais mourir s’y prend autrement,

En douceur, derrière la porte

L’habitude australe de l’oiseau

Qui dès que les gelées sont là

Adopte une meilleure latitude.

Nous sommes les oiseaux qui restent,

Les transis aux portes des fermes

Où nous est comptée une miette avare,

Au point que les neiges, prises de pitié,

Rentrent nos plumes au bercail.

 


 


          

Emily Dickinson,  avec de son amie Kate Scott Turner.
Deuxième photo récemment trouvée.

Emily Dickinsoncorrespondance, janvier 1863.
Extrait traduit par Patrick Reumaux.       

LA NUIT, LE NYMPHÉA

Publié le par christiane loubier

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à
Michel Brault
et à 
Marie-Marthe


 

 

La nuit, le nymphéa
est
une lampe sur l'eau morte

la couleuvre verte
est
un éclair mouillé.

 



Une lampe sur l'eau morte, Beauport, septembre 2012 Henri Pichette, Poèmes offerts

DU FOIN ÉTERNEL

Publié le par christiane loubier

Cela ne venait pas du ciel

Ni ne soulevait des étoiles

C'était de l'herbe

 

Ce n'était pas une mer intérieure

Pas une bourrasque saisonnière

C'était de l'herbe

Du foin éternel

Avec du vent

Et toute la pesanteur ordinaire

Dans tes mains d'automne

 

Ouvrage du temps

Qui tire sur les heures

Dans l'herbe jaunie du soir


 

 

Christiane Loubier