SOUS LE VOL DES OIES

Publié le par christiane loubier

oiseaux 0145 petite

Le matin

Son odeur

De gelée blanche

 

Le jardin

Sa couleur

Jaune éphémère

 

Même le soleil mûrit en silence
Le froid aura raison des fleurs

 

Une chouette vissée

Comme une rumeur

En haut des grands conifères

 

C’est l’automne sous le vol des oies

 

 

 

Oiseaux de rivages,
Sculpteur : Valmont Bélanger, 1934-2001, Matane (Gaspésie)

 

Christiane Loubier

J'AI TROUÉ LA VOILE

Publié le par christiane loubier

L’éclair

Je l’ai désiré plus que le vent

Mais dans tes yeux

L’iris sombre du doute

 

À l’aube du silence

Pour que rien ne dure

J’ai troué la voile

J’ai volé de nuit

Comme si j’étais l’oiseau voilier

Qui revient par le chas du temps

 

 

 

Christiane Loubier

Poème publié dans Bordures du champ secret

UN SEUL JOUR D'AUTOMNE

Publié le par christiane loubier

saisons 0109

Le fusain est enflammé

Les nids sont vides

On sait d’avance

Comment vient l’automne

 

Il y a le givre

L’odeur de la terre retournée

Le soleil pâle de l’après-midi

Il y a l’espoir en fagots

Les juncos ardoisés

 

Un seul jour d’automne

Suffit pour nous montrer

Le vrai contour des choses

Le tronc noir des arbres

La carte du ciel sous les ailes des oies

 

Comprendre

Que les jours rapetissent

Que la nuit s’allonge sur nos matins

Et que s’il faut le gel

Il faut le ciel

Même enneigé

 

 


Le fusain ailé, Euonymus alatus compactus Christiane Loubier

COMMENT BOUGER

Publié le par christiane loubier

Comment bouger

sans se briser?

Comment guérir

sans être un autre

Il faudrait un ange

aussi pour le descendre

une chaîne d'anges

entre son coeur et l'eau

 

 

Jean-Pierre Lemaire
L'exode et la nuée, Gallimard

LES OISEAUX GRIMPEURS

Publié le par christiane loubier

Nous avons ouvert l’écritoire

Pour refuser l’or du miroir

Et nous avons trouvé la soif

Agrippée à la souffrance

Aussi présente – aussi pudique

Que le bleu sous les ailes

Des tourterelles

 

Nous sommes nés dans un puits

Par -dessus le ciel des oiseaux

Grimpeurs d’éternité

 

 

 

 

Christiane Loubier

SOUDAIN LA VIE S'ÉVAPORE

Publié le par christiane loubier

Maintenant tu discutes avec ton chat

Déjà trop vieux pour attraper les rats

Maintenant tu parles tout seul

Regrettant les paysages d’amitiés

 

Ces arbres ces fleurs ce foin

Que tu n’as pas plantés

Ce visage sur la photo

Dormant avec les autres

Dans des boîtes à souliers

 

Soudain la vie s’évapore

Petite buée sur ta vitre

Poussière sur ton manteau

 

Une traînée d’absence

Dans un ciel d’hiver

Un froid dans ton dos

 

 

 

Christiane Loubier