19 articles avec carnet de l'absence

FENÊTRES FRAGILES

Publié le par christiane loubier

Éloignez-vous de ma fenêtre

Ne secouez plus la poussière

Que je fus pour vous

 

Pas l’angoisse de plomb

Pas la douleur dans chaque heure

Juste la souffrance familière

Comme un long cil sous les paupières

 

Ne me parlez pas

Pas un mot

Pas besoin

 

L’oiseau seul contredit le silence

 

 

 

Christiane Loubier

LE TROIS JUILLET

Publié le par christiane loubier

Et vous m'avez quittée

Comme on quitte un pays

Qu'on croit trop petit

 

Moi je suis restée debout

Où je suis née

Et j'ai pleuré jusqu'au mois d'août

 

Comme un pays qu'on a quitté

 

 

 

Christiane Loubier

LE DIVAN VERT

Publié le par christiane loubier

Il y eut un soir d’hiver

Un saccage de fleurs

Sur un divan vert

 

Le papillon offert

Restera plié

Dans son étui

Et moi épinglée

Dans ma boîte à chagrin

Les deux bras ouverts

Sur presque rien

 

Rien que trop de soleil

Comme une brûlure

Et tant – tant de vitre

 

 

 

Christiane Loubier

SOUDAIN LA VIE S'ÉVAPORE

Publié le par christiane loubier

Maintenant tu discutes avec ton chat

Déjà trop vieux pour attraper les rats

Maintenant tu parles tout seul

Regrettant les paysages d’amitiés

 

Ces arbres ces fleurs ce foin

Que tu n’as pas plantés

Ce visage sur la photo

Dormant avec les autres

Dans des boîtes à souliers

 

Soudain la vie s’évapore

Petite buée sur ta vitre

Poussière sur ton manteau

 

Une traînée d’absence

Dans un ciel d’hiver

Un froid dans ton dos

 

 

 

Christiane Loubier

 

LE CROCHET DU TEMPS

Publié le par christiane loubier

 

Par la lucarne
Je regarde venir l’automne
Odeur de terre
Avec le vent
La porte battant
Dans ma mémoire

Un vieux crochet lourd d’absence
A la couleur du temps
Inutile il ne porte plus rien
Pas même l’étoile de chagrin
Cousue sur ton paletot

La maison a froid
Manteau de lin
Éternité chiffonnée

 

Christiane Loubier
Poème publié dans Bordures du champ secret

 

PLUS LOIN QUE LA NUIT

Publié le par christiane loubier

Le ciel s’enténèbre
Au loin – plus loin que la nuit
Il y a l’entêtement de l’oiseau


Tournant blessé
Haut – très haut
Muet au-dessus du silence


L’absence est un ciel
L’adieu à l’infini
Le bout de la nuit est ici


Dans les murs
De la chambre verte
Où naissent les matins

 

 

Christiane Loubier
Poème publié dans 
Bordures du champ secret



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