246 articles avec anthologie

LA POÉSIE FRUIT DÉFENDU

Publié le par christiane loubier

 

La poésie fruit défendu

Belladone mortelle

Dans la débordante

Mangeoire universelle

 

 

 

 

 



1000773-Belladone

Anne PerrierLe livre d’Ophélie

 

Belladone (Atropa belladona)
Source : Larousse.fr

NOUS SOMMES DÉROUTÉS...

Publié le par christiane loubier

 

 

 

 

 

 

Nous sommes déroutés et sans rêve.

Mais il ya toujours une bougie

qui danse dans notre main.

Ainsi l’ombre où nous entrons

est notre sommeil futur sans cesse raccourci.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




char bougeoir 

 

 

René CharLa Nuit talismanique, Albert Skira éditeur.

Oeuvre de René Char, reproduite dans La Nuit talismanique.

BLANCHE COMME...

Publié le par christiane loubier

Blanche comme un monotrope

Rouge comme une lobélie

Fabuleuse comme une lune à midi

Heure de février—


 

Emily Dickinson

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

edickinson

Emily Dickinson, 40 poèmes, Liberté, vol. 28, n° 2, 1986, p. 21-50.

Traduction française par Charlotte Melançon

Tous droits réservés © Collectif Liberté, 1986
Couverture de la première édition des poèmes
d'Emily Dickinson
 

 

RETOUCHE AU COUCHANT

Publié le par christiane loubier

L'attente aux lèvres closes 

lève un doigt 

désirs descendant les collines 

cornes et laine 

ô brume des troupeaux d'où sort un pin nocturne 

 

 

 

Daniel BoulangerIntailles, Poésie/Gallimard, 1991

L'HIVER

Publié le par christiane loubier

                                                                  à Gilbert Koull.


 

J'ai su pourtant donner des ailes à mes paroles,

je les voyais tourner en scintillant dans l'air,

elles me conduisaient vers l'espace éclairé ...

 

Suis-je donc enfermé dans le glacial décembre

comme un vieillard sans voix, derrière la fenêtre

à chaque heure plus sombre, erre dans sa mémoire,

et s'il sourit c'est qu'il traverse une rue claire,

c'est qu'il rencontre une ombre aux yeux clos,

maintenant

et depuis tant d'années froide comme décembre …

 

Cette femme très loin qui brûle sous la neige,

si je me tais, qui lui dira de luire encore,

de ne pas s'enfoncer avec les autres feux

dans l'ossuaire des forêts? Qui m'ouvrira

dans ces ténèbres le chemin de la rosée?

 

Mais déjà, par l'appel le plus faible touchée,

l'heure d'avant le jour se devine dans l'herbe.

 

 

 

 

Philippe Jaccottet,  Poésie 1946-1947, Poésie/Gallimard

MATIN DE NEIGE À MONTRÉAL

Publié le par christiane loubier

 

Certains poèmes n’ont pas de titre
ce titre n’a pas de poème
tout est là dehors

 


Kenneth White, Terre de diamant, Grasset


 

LORSQUE TU VOIS...

Publié le par christiane loubier

Lorsque tu vois un cavalier
Surgir
Entre l'armoire et la fenêtre

Avec sa traîne d'ombre
Et le hennissement des routes

Il est temps de ranger ta vie

Et de plier le jour
Sept fois comme il convient

Pour que demain
Renaisse

 

 

 

 

 

 

 


Hélène Cadou 

 

 

 

 

 

 

Hélène CadouSi nous allions vers les plages

   

Dessin : Hélène Cadou par René Guy Cadou


LE PIRE...

Publié le par christiane loubier

Le pire, le seul malheur, est l'ennui, quand

tout le ciel est dans les flaques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

camus


Texte : Albert Camus, photographie : Henriette Grindat, dans Albert Camus La postérité du soleil


LES ROIS MAGES

Publié le par christiane loubier

Rois2.JPG


                                                          À Antoine Giacometti

 

Avancerons-nous aussi vite que l’étoile ?
La randonnée n’a-t-elle pas assez duré ?
Réussirons-nous enfin à l’égarer,
cette lueur au milieu de la lune et des bêtes
qui ne s’impatiente pas ?

 

La neige avait tissé les pays du retour
avec ses fleurs fondues où se perd la mémoire.
De nouveaux compagnons se mêlaient à la troupe,
qui sortaient des arbres, comme les bûcherons.
Le Juif errant peinait, aux blessures bafouées.
Des fourrures couvraient le roi noir malade à mourir.
Le pasteur de la faim est avec nous,
ses yeux bleus éclairent son manteau d’épluchures
et le troupeau rageur des enfants prisonniers.

 

Nous allions voir la joie, nous l’avons cru,
la joie du monde, née dans une maison par ici.

C’était au commencement. Maintenant on ne parle pas.
Nous allions délivrer un tombeau radieux
marqué d’une croix par les torches dans la forêt.

 

Le pays n’est pas sûr, les châteaux
se glissent derrière nous.
Pas de feu dans l’âtre des relais. Les frontières
remuent à l’aube sous les coups défendus.
Nos paumes qui ont brisé les tempêtes de sable
sont trouées par la charançon, et j’ai peur de la nuit.

 

Ceux qui nous attendaient dans le vent de la route
se sont lassés, le chœur se tourne contre nous.
Par les banlieues fermées à l’aube, les pays sans amour,
nous avançons, mêlés à tous et séparés,
sous les lourdes paupières de l’espérance.
La peur haletait comme une haridelle.

 


 

 

Nous arriverons trop tard, le massacre est commencé,

les innocents sont couchés dans l’herbe.

Et chaque jour, nous remuons des flaques dans les contrées.
Et la rumeur se creuse, des morts non secourus

qui avaient espéré en notre diligence.

 

Tout l’encens a pourri dans les boîtes en ivoire,
et l’or a caillé nos cœurs comme du lait.
La jeune fille s’est donnée aux soldats,
que nous gardions dans l’arche pour le rayonnement,
pour le sourire de sa face.

 

Nous sommes perdus. On nous a fait de faux rapports.
C’est depuis le début du voyage.
Il n’y avait pas de route, il n’y a pas de lumière.
Seul un épi d’or surgi du songe,
que le poids de nos chutes n’a pas su gonfler.
Et nous poursuivons en murmurant contre nous,
tous le trois brouillés autant qu’un seul
peut l’être avec lui-même.
Et le monde rêve à travers notre marche
dans l’herbe des bas-lieux. Et ils espèrent,
quand nous nous sommes trompés de chemin.

 

Egarés dans les moires du temps, les durs méandres,
qu’anime le sourire de l’Enfant,
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de bœufs,
je maudis l’aventure, je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune,
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales
dans la fraîcheur immobile de mon ombre.

 

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

 

Janvier-février 1941

 

 

André Frénaud, Les Rois mages

AU FOND DES BOIS...

Publié le par christiane loubier

Au fond du bois dans l’étable

où nul avant ne s’en fut

Marie lavait sur la table

le corps de l’enfant Jésus,

or l’âne assistant le bœuf

souffla si fort sur l’an neuf

que tout devint une fable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


saisons 0037 

 

 

Géo LibbrechtBellefontaine

 

           Crèche de Noël en bois
           Sculpteur : Léonard CroteauSaint-Étienne-des-Grès (Québec).                  


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