PRIÈRE POUR LES SOURDS

Publié le par christiane loubier

Des jours 
Plus souvent des nuits
Mes plumes sont bien plus lourdes
Que ma tête

Des jours 
Plus souvent des nuits
Je reste repliée
Dans l’encoignure du temps
D’où s’élève la supplique
Pour les heures défuntes

Vous les oiseaux de l’aurore
Sortez-moi de ce puits
Où vont croupir les ombres

Toi la nuit
Que j’ai appris à vouvoyer
Ramenez-moi dans vos bras
Qui consolent

Toi la mort
Retiens ton drap
Étire un peu mon âge
Que j’apprenne à lire 
Dans les yeux des bêtes
Que je me souvienne par cœur
Du chant des paysages

Des jours 
Des nuits
Plus souvent des vies
Passées devant un compas
Perdu – affolé
Virant sur ses pointes de fer
 
 
 
Christiane Loubier

À MOI-MÊME DANS L'ÂGE

Publié le par christiane loubier

à
moi-même
dans l'âge
 
 
 
 
Solitude,
Habitons ensemble.
 
 
 
Henri Pichette, Poèmes offerts
 

JORGE LUIS BORGES

Publié le par christiane loubier

JORGE LUIS BORGES
Jorge Luis Borges est né à Buenos Aires, en Argentine, le 24 août 1899. Considéré comme l’un
des écrivains les plus importants du XXe siècle, l’éternel nobélisable décède à Genève le 14 juin 1986.
Issu d’une famille aisée, élevé par une gouvernante anglaise, étudiant l’allemand et le français
en Suisse à l’adolescence, il était devenu presque aveugle dès 1938…
Laurent Lemire, journaliste à La Croix, retrace le parcours de l’écrivain dans l’édition du 17 juin 1986.
Il revient également sur sa rencontre avec l’auteur, rue de Seine à Paris, intervenue quelques années plus tôt.
 
 
Pour la suite de l'article :
 
 

TRILOBITA

Publié le par christiane loubier

                              

                                                Le temps inscrit dans la pierre

 

 
Trilobite trouvé au parc de la rivière Beauport (Québec)

LA ROSE

Publié le par christiane loubier

L'argile une rose l'adore
disait l'homme blond
dans le train qui allait
au long des plaines grises
mais ne lui donnez pas à la rose
surtout de fumier.
Ah! le jardinier
est bon pour le courage.
Quand dehors je mange
les fleurs me ravissent toujours
la femme restant près de moi
sous le pommier tors.
 
 
Jean Follain
Territoires

 

 

 

 
La rose au jardin

 

CELUI QUI ENTRE PAR HASARD

Publié le par christiane loubier

Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque nœud du bois renferme davantage
De cris d'oiseaux que tout le cœur de la forêt
Il suffit qu'une lampe pose son cou de femme
À la tombée du soir contre un angle verni
Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles
Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris
Car tel est le bonheur de cette solitude
Qu'une caresse toute plate de la main
Redonne à ces grands meubles noirs et taciturnes
La légèreté d'un arbre dans le matin.
 
 
 
René Guy Cadou
Hélène ou le règne végétal
Seghers, 1981 

LE PRINTEMPS A BLANCHI

Publié le par christiane loubier

Aujourd’hui

Le printemps a blanchi

Pour que l’herbe refleurisse


Il faut tant de neige fondante

Pour apaiser une ombre

Dans l’éternité du givre


Pour que l’eau brille

Dans le printemps qui recommence.

 

Christiane Loubier

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 > >>