BIEN APRÈS L'ÉTÉ

Publié le par christiane loubier

Rien au jardin
Pour entretenir la flamme
Sinon les brins de bruyère 
Qui brillent de blancheur
Dans la lumière de fin d’après midi
 
Dans la bibliothèque chargée d’écriture
Les vieux livres enflent
À cause de l’humidité
 
Dans le blanc des mots
Le grains de silence
Ne germent que l’hiver
 
 
Christiane Loubier

LA FLEUR ABOLIE

Publié le par christiane loubier

On oublie la brûlure de l’été
Le temps a l’odeur du froid
Derrière la fenêtre et bien plus loin
La pluie et les vents affligent le jardinier
Qui s’attardent dans le paysage
 
Le soleil pâlit au nom de l’hiver
Le jardin alité 
A besoin d’une couverture de neige
 
 
 
Christiane Loubier

LES CORDES DE L'OMBRE

Publié le par christiane loubier

Il existe d’autres chemins
Que celui de la nuit
 
Du bout des lèvres
Tu les boudes les ombres
Au fil de l’épée du jour
Le vent tournera c’est certain
Le ciel sera de soie pourpre
Aussi doux que celui du mois d’août
 
 
 
Christiane Loubier

L'EXISTANT EST SÉDUCTION...

Publié le par christiane loubier

L'existant est séduction
en soi.
 
Lorsque le chêne allume son
four, l'apparence atteint
la pureté de l'émail.
 
En automne, le réel est cette
superbe rousseur que l'on
voit en filigrane entre
la pensée et l'espace.
 
 
 
François Jacqmin
Les saisons
 
 

AUTOMNE, TOI QUI PASSES...

Publié le par christiane loubier

Automne, toi qui passes avec des oiseaux fous
de grand vent et de ciel pur après l'orage, je t'ai vu
mesurer la toile d'une araignée couleur de miel sous la poutre
quand ruisselait, torrentielle, la pluie
et ton visage avait double face comme le dieu Janus
et l'une voyait la fin de tout et l'autre l'épanouissement et cela
t'enivrait comme le moût d'une forte vendange.
 
 
 
 
Paul de Roux
 
 
 

 

 

                                                     Dessin de
                                              Gabrielle de Roux

 

PAUL DE ROUX

Publié le par christiane loubier

Chaque matin, et quel que soit le temps,
Hélios nous prend dans ses bras :
"Tout est à voir", dit la lumière
qui éclaire la tuile fêlée,
la mouche, ce visage émacié,
la pariétaire des vieux murs,
les pigeons en quête de miettes, et nous
cherchant le regard des dieux
dans tout cela qu’effleure le soleil.



Paul de Roux
À la dérobée, Gallimard
 
Paul de Roux est mort  le  28 août à Marseille, à l’âge de 79 ans.
Pour en savoir plus sur le poète : 
http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/09/14/la-mort-du-poete-paul-de-roux_4997704_3382.html
 

MATIN DE SEPTEMBRE

Publié le par christiane loubier

Matin de septembre.
L'espace a grandi
entre les arbres verts
qui semblent de profil.
 
Ils regardent tous
le soleil en face
invisible pour toi
depuis la fenêtre.
 
le bouleau se hausse
sur la pointe des pieds
pour voir la lumière
comme au-dessus d'un mur
 
— ce mur qui s'élève
un peu chaque jour.
« Toi qui peut marcher
saute le mur, dit-il.
 
Derrière, c'est l'été
Si tu tombes de haut
tu suivras en boîtant
le Dieu de ta jeunesse. »
 
 
 
Jean-Pierre Lemaire
Le pays derrière les larmesLe dos de Dieu

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