OCRE ET NOIR

Publié le par christiane loubier

Dans le jardin d’octobre
Devenu la tombe des rosiers
On entend sonner les heures
Aux églises oubliées
 
À force de ramasser feuilles et fleurs
On se courbe un peu plus vers la terre
À chaque année
 
Le vent sème la terreur
Dans les érables fous
Encore une saison finie
Avant d’avoir commencé
 
Le froid vient vite
Il faut rentrer tôt
Dans la maison de l’hiver
 
Le bois de chauffage
Nous tiendra compagnie
Jusqu’aux primevères
 
 
 
Christiane Loubier

NUIT DE TAUPE

Publié le par christiane loubier

Pour quelques jours encore
La vie est dehors
Dans un vent de feuilles
Et de terre retournée
 
L’humus a une odeur
Où respirent des êtres minuscules
L’automne fera vite faiblir
La lanterne du jour
 
Que ne suis-je la taupe
N’ayant pas peur du noir
Dans sa galerie obscure
 
 
 
Christiane Loubier

Le Fiord du Saguenay (cap Trinité)

Publié le par christiane loubier

Photo : Laurence Perron

La petite ligne blanche située sur le premier palier du cap Trinité est une statue de la vierge Marie. Cette statue fut sculptée par Louis Jobin en 1881. Elle est entièrement faite de pin blanc et elle est recouverte de minces feuilles de plomb pour la protéger des intempéries. Elle mesure 9 mètres de haut et pèse 3 tonnes. Elle a une histoire :              
https://grandquebec.com/saguenay-lac-saint-jean/statue-cap-trinite/
 

POÈME PRIVÉ

Publié le par christiane loubier

Faut-il partir
Pour quêter la tache pure
Moi je reste ici
 
Pour devenir comme ces plantes d’ombre
Qui se font silence
Et par amour de la solitude
Ne verront jamais le soleil
 
 
 
Christiane Loubier

IL SAVAIT...

Publié le par christiane loubier

Il savait teinter d’amour les groseilles
Et tomates aux senteurs acidulées.
Le violet de ses œillets et pensées,
Fleurait un mystérieux parfum secret.
La Paix nichait sous le vieux pommier.

Il savait appeler merles et mésanges,
En lançant des miettes de patience.
Une musique d’oiseaux en ritournelle
Coloriait la douceur de l’air tiède.
Les papillons semaient leurs couleurs.

Il savait planter les fleurs du bonheur,
Les arrosait d’une pluie de soleil.
Je remplissais mes poches de graines.
Il faisait bon rire et vivre avec lui,
A l’ombre du vieux pommier fleuri.

Reste au mur, un fer à cheval rouillé,
Clé du passé, témoin des souvenirs,
Près du banc, sous le vieux pommier,
J’ai vu boiter son ombre, au jardin ,
J’ai vu son ombre tailler les rosiers.


 

Danielle Catarelli
 


14 AOÛT 1959

Publié le par christiane loubier

Vendredi 14 août 1959
 
      Plaisir de trouver à Cerisy Mme Micha (Ghislaine). Elle me parle du langage canadien : pour une femme: exquise, on dit : « Un saint chrème de femme », pour une belle maison, « un tabernacle de maison »... Guillevic est là : ses gros sourcils sont vraiment comme des moustaches déplacées. [...]
 
Jean Follain
Agendas, 1926-1971, Seghers

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