DU SILENCE

Publié le par christiane loubier

S’il a l’ouïe suffisamment sensible, le marcheur entend l’herbe pousser, 
les feuilles se déployer à la cime des arbres, les myrtilles murir et la
lente montée de la sève. Il sent à nouveau le tremblement léger
du temps que le bruit et l’urgence de faire recouvrent d’ordinaire.
Le silence est saisonnier. Dans nos contrées, il n’est pas le même
en janvier dans un champ enveloppé de neige ou en août dans
le bruissement de la multitude des insectes, l’explosion des fleurs
et des herbes brûlées par le soleil. Dans un même paysage jamais
le silence n’est égal d’un jour à l’autre.
 
 
 
David Le Breton
Marcher. Éloge des chemins et de la lenteur
 
Source : 
http://www.lua.it/files/2012/120617-LeBreton-fr.pdf
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Source :
http://editions-metailie.com/livre/
marcher-eloge-des-chemins-et-de-la-lenteur/

 

Publié dans Anthologie

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Jean 08/04/2015 16:03

Que j'aime, chère Christiane. Et il faut se retrouver hors des bruits de la ville pour atteindre à une perception aussi aiguisée.

P. S. Votre image du printemps hivernal attrapée à Cap Tourmente me plaît beaucoup également. Pour un instant, j'ai cru à une bête. D'ailleurs, peut-être en est-elle une, ma foi ! Une bête printanière hivernale.

christiane loubier 09/04/2015 02:57

« Dans un même paysage jamais le silence n’est égal d’un jour à l’autre ». Cette dernière phrase du texte m'a beaucoup frappée.

Comme vous, j'ai vu, et je vois encore, une bête sur la photo de Cap Tourmente.

Merci pour le partage,
Christiane