TESTAMENT

Publié le par christiane loubier

Lorsque mes yeux cesseront de guetter
La première hirondelle
Qu’ils seront impuissants à reconnaître
Le printemps fidèle

Lorsque mes mains ne pourront plus toucher le vent
Et que je perdrai de vue le fleuve
Laissez-moi quitter mes eaux
Avant qu’il ne pleuve
Sur mon lit de roseaux

Si je deviens trop frêle 
Pour mordre dans votre chair
Trop pâle pour rougir
Encore de vos mots d’amour

Relisez-moi vos serments des anciens jours
Et lorsque je serai éteinte 
Remettez-moi dans mes plumes
Que je puisse pleurer les ombres

Quand je serai enfin morte
Laissez-moi enterrée en moi-même
Nourrissez mes oiseaux tendrement
Et jugez-moi mêmement

 
 
 
Christiane Loubier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

Page de manuscrit provenant du Vienna dioscorides

 

 

Publié dans Carnet de l'ombre

Commenter cet article

Ile E. 22/03/2015 11:42

Votre texte a un très beau souffle, je l'ai relu plusieurs fois avec le même sentiment de plénitude que j'ai en regardant s'installer le printemps. Ile

christiane loubier 23/03/2015 01:11

Un grand merci Île. Encore la neige et le froid au Québec...mais votre commentaire et vos visites sont un réconfort.