SI JE DEVAIS NE PLUS VIVRE...

Publié le par christiane loubier

 

Si je devais ne plus vivre
Quand les merles reviendront,
Donne en souvenir à celui qui porte
La cravate rouge une miette de pain.
 
Si je ne pouvais dire merci,
M'étant vite endormie,
Tu sauras que j'essaie
Avec ma lèvre de marbre.
 
 
                * * *
 
If I shouldn't be alive
When the Robins come
Give the one in Red Cravat, 
A Memorial crumb
 
If I couldn 't thank you,
Being fast asleep
You will know I'm trying
With my Granite lip!
 
 
Emily Dickinson
 
 
 
                                                       Photo : Christiane Loubier
 
 
 
 
Source
Emily Dickinson, 40 poèmes, Liberté, vol. 28,
n° 2, 1986, p. 21-50.
Traduction française par Charlotte Melançon
Tous droits réservés © Collectif Liberté, 1986
 

 

 

Publié dans Anthologie

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roussodi@videotron.ca 21/01/2015 20:10

Petite réserve au sujet de la traduction. Que le granit devienne du marbre, soit, mais « fast asleep» veut dire « profondément endormie» et non pas «vite endormie». Et il me semble que la nuance a son importance. Il n'empêche que cette traduction se lit bien mieux que beaucoup d'autres qu'on a infligées à cette poétesse. Il faut dire qu'Emily, déjà difficile à suivre bien souvent, présente un redoutable défi au traducteur. Merci.
gd

christiane Loubier 22/01/2015 02:58

On aurait alors « étant profondément endormie », et non « m'étant....»? La nuance est importante en effet. Il me semble que nous sommes plus près de l'endormissement éternel. Je préfère le marbre au granit pour la même raison, je pense aux gisants de pierre.
J'ai choisi la traduction de C. Melançon, parce qu'elle fait référence au merle américain et non au rouge-gorge (européen), comme c'est le cas, le plus souvent.

Merci de nous avoir fait part de ces nuances. Elles sont importantes, elles servent la poésie.

Christiane